mardi 9 avril 2013

Comment cela a continué

Ce post va certainement être le plus long que je vais écrire, je vous préviens, il vous faut être motivé(e).
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Passant le plus clair de mon temps chez ma grand-mère, j'écumais les revues qu'elle s'achetait : à l'époque c'était seulement Modes de Paris et Modes et Travaux (plus enrichi que maintenant avec plein de patrons en encart et plein de choses à créer) ; Femme actuelle, Prima , Avantages, Marie Claire Idées apparaissant bien plus tard.
D'autant qu'il était plus facile de trouver de la laine, cotons, tissus que maintenant, et surtout il y avait une raison économique : tricoter ses pulls ou confectionner ses habits revenait moins cher que de les acheter. On trouvait alors des échoppes Pingouins, Phildar, Anny Blatt (avec des laines à tomber tellement elles étaient douces)

J'ai donc eu la chance d'avoir des pulls faits main, et je taraudais Gran pour m'apprendre.
Rien de surprenant  que je commande au Père Nöel non pas le dernier cabriolet de Barbie, bien trop hors de prix et très limité : une fois que Barbie et Ken sont installés et ont fait le tour de la chambre, il n'y a plus trop d'intérêt,  mais plutôt un tricotin (genre celui là  :
, une boite de couture 

,  et  même (ou déjà)  un mini métier à tisser...


Après avoir passé les tricotins interminables (qui ont fini en dessous de plat), épuisé les modèles de macramé (j'avais appris cette technique en colonie et si ma mère ne m'en avait dissuadée j'en aurais mis partout), dévalisé la boutique du coin en fils scoubidous, m'essayer aux constructions avec des pinces à linge en bois (j'avais réussi à trouver un livre de fabrication à la bibliothèque que je fréquentais beaucoup également),
il y eut l'initiation au tricot ; mon premier carré au point mousse, carré si on veut car je n'arrivais pas à tricoter de manière régulière, et avec pas mal de trous (pas facile de garder toutes ses mailles), normal me direz-vous c'était le premier, il y en a eu quelques uns seulement, car je n'aime pas refaire les choses plusieurs fois, c'est un de mes défauts ; ah oui je ne vous pas dis j'ai l'habitude de commencer plein de choses et de ne jamais d'avoir du mal à les terminer, et c'est encore ma fabuleuse Gran qui a pris les devants et confectionné une couverture.
Quelques vêtements pour Barbie , facile il n'y avait pas besoin de beaucoup de mailles, vu sa taille :)
Après s'en est suivi le point jersey, les torsades, etc... , un pull puis deux, puis  un premier défi : j'ai eu l'idée saugrenue de faire des gants en mohair , si si !   J'ai osé, non seulement la laine mohair, et en plus avec cinq aiguilles pour les doigts, pas facile ! là, j'ai bien été obligé de les terminer, j'avais froid aux mains :) et il n'était pas question d'en acheter.
Puis plus rien, crise d'adolescence certainement,  jusqu'au jour où je suis retournée en Angleterre voir ma cousine, très douée ainsi que sa soeur pour confectionner des choses utiles à la maison : rideaux, taies d'oreillers, housse de coussins.
Des années plus tard, j'ai compris d'où nous venait ce goût des choses faites mains, notre trisaïeule venait d'un village des Vosges, où la broderie était reconnue. J'ai retrouvé dans mes recherches un recensement de Londres où mon ancêtre avait vécue avec une dizaine d'autres brodeuses toutes natives de Fontenoy le Château, son fils est devenu tapissier,...
Profitant d'une escapade à Londres, je me suis offert ce livre (tout en langue de Shakespeare).Même pas peur ! Armée d'un dictionnaire un peu usé (le petit Larousse de poche de mes 10ans, je suis une grande conservatrice), je me suis attelée à faire mes premiers rideaux (d'autant plus que je venais de déménager), mission réussie ! forte de cette expérience, et n'ayant enocre peur de rien , je me suis dis : puisque tu est capable de faire des rideaux, tu peux bien être capable de faire des vêtements... et hop premier Burda acheté, et quelques patrons et tissus glanés,  chez Bouchara à Paris, bld Haussmann, (que je regrette que ce magasin est disparu, juste une histoire de timing car vu le succès du DIY actuel , c'est bien dommage qu'il ait du fermer faute de clients.).
Histoire de faire les choses très simplement, j'avais juste choisi du tissu à carreaux... le résultat : la chemise (oui c'était une chemise, avec poignets, cols en pointe, plein de boutonnières ) a fini dans ma grande malle aux trésors inachevés : les carreaux n'étaient pas alignés, le col en pointe était tout sauf en pointe...
Je ne m'avouais pas vaincue pour autant : toujours chez Bouchera (je travaillais à côté,  quelle tentation!!) j'ai choisi de faire une robe longue en soie... avec 4 empiècements devant, heureusement que c'était indiqué couture facile, vous savez à quoi ressemblent 4 empiècements : il faut que cela soit arrondi, mon premier essai fut pointu, et là encore abandon... j'ai une grande malle que j'appelle "ma malle aux trésors inachevés", un jour je vous la montrerai, là elle est enfouie au grenier...
Un peu échaudée, je me suis entiché du point de croix, que je trouvais plus "smart" que le canevas. toujours dans l'optique de pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué  :  la toile blanche vous connaissez ? c'est un peu comme la page blanche de l'écrivain, faut juste commencer... au bon endroit ...
 re- break de quelques années, jusqu'à un autre déménagement, re-rideaux (cousus entièrement à la main faute de machine perfectionnée pouvant passer les épaisseurs : quelle idée de vouloir molletonner ses rideaux en plus de les doubler...), tiens d'ailleurs je me demande où ils sont passés...
puis re- break, faute de fenêtres à habiller... et puis cela devenait de plus en plus difficile de trouver des tissus, internet en était à ses balbutiements avec utilisation de modem, donc pas de possibilité de boutiques en ligne.
Ensuite, un puis deux bébés, oh ! j'ai bien été tenté par l'aventure, en voici la preuve mais soit trop prise par les études, soit pas motivée pour reprendre, soit les bouts de choux me prenaient un peu trop de temps.



et le temps passe... ceux qui ont la joie d'avoir des petites têtes blondes, brunes, rousses savent de quoi je parle, sans vous en rendre compte vous avez pris 5, 10, (pas encore 15 ans en ce qui me concerne) d'un coup...
La révélation ...

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